Vous arrivez à la ferme d’Antonin. Les vaches sont encore en train de brouter dans le pré, les pies gonflées. De loin, vous distinguez le fermier allongé sur une botte de paille, endormi.

Vous vous approchez de lui, le secouez un peu et en déduisez qu’il est complètement pompette. Vous n’arriverez rien à tirer de ce vieux bouc. Il s’est endormi là après avoir bu toute la nuit. Vous l’entendez juste marmonner « Lison, Lison, c’est la faute à Lison ».

Mais qui peut bien être cette Lison… Et c’est là que vous voyez au loin une belle jeune fille aux grandes tresses brunes tourbillonnantes. Elle est en train de jeter du grain aux poules.

Ses yeux malicieux vous épient : « Si vous venez pour du lait, vous pouvez repartir aussitôt. Nous ne livrons pas de lait ce matin ! Le fils du boulanger a le cul dans le beurre. Il ne sait pas ce que c’est de travailler. Et puis, je ne l’aime pas. Je suis amoureuse de Martin, moi.

Mais mon père n’est pas de cet avis. Forcément, y a que les sous qui l’intéressent. Quand le fils du boulanger est venu lui demander ma main, il a tout de suite accepté. Mais moi je ne suis pas d’accord. J’ai quand même mon mot à dire dans toute cette histoire. Je sais que cela ne se fait pas comme cela d’habitude, mais les habitudes sont là pour être changées, non ? Les femmes devraient aussi avoir du pouvoir et le droit de s’exprimer. Moi aussi.

Je veux épouser Martin. Alors si le boulanger veut de nouveau du lait, il va falloir que son fils retire sa proposition. »

La jeune fille à l’air déterminée et personne ne lui fera changer d’avis.

Et votre tartelette au citron meringuée alors ?

La jeune et espiègle Lison a donc caché le botte-cul de son père afin que celui-ci ne puisse pas traire les vaches ce matin. Elle lui a aussi fait boire un peu plus de vin qu’à son habitude pour éviter qu’il ne se réveille tôt ce matin.

Elle reprend:

« Si vous m’aidez à retrouver le botte-cul que j’ai caché dans la grange et que mon père m’autorise à épouser Martin, alors le boulanger aura à nouveau son lait. Promis! »

Son air est encore plus déterminé qu’avant et elle retourne à ses poules. Vous l’arrêtez juste quelques instants.

« Mais au fait, Lison, un botte-cul, c’est quoi? »

D’un regard condescendant, elle vous jette:

« Bandes de gens de la ville! Le « botte-cul » est un tabouret à un seul pied et qui s’emploie lors de la traite des vaches. Dans la famille des tabourets pour la traite manuelle, voici le seul et unique unijambiste !

La traite à la main demande un peu d’expérience pour être efficace et ce siège si particulier est un allié précieux dans cette opération délicate.

Le « botte-cul » est un siège rustique, en bois, surtout utilisé dans les vallées alpines. Il permet de se déplacer de bête en bête les mains libres. Il est aussi le compagnon indispensable des sols de guingois des étables.

Pour s’en servir, il convient de se l’attacher autour des reins, avec une sangle ou une ceinture, fixée directement sur l’assise.

Le siège tient alors tout seul, dans le bas du dos ou sur le derrière et au moment de s’assoir, le tabouret vient se positionner sous les fesses, en basculant tout seul, emporté par le mouvement.

Le pied est souvent terminé par une petite pointe de fer lui permettant une bonne stabilité. Une virole métallique vient terminer la protection du pied, lui évitant ainsi l’humidité. Un botte-cul, donc. Facile. Allez, j’y vais donner à manger à mes poules. »

A vous de jouer.

Cherchez le botte-cul puis entrez le code pour aller parler au père. Cliquez ici et insérez le code correspondant, un nombre à deux chiffres.