Quand vous avez rencontré l’inspecteur Châtaigne pour la toute première fois il y a trois ou quatre ans, il venait d’arriver tout frais de l’académie de police de Lyon. Ses perspicacité et persévérance vous ont souvent bien aidé pour vos enquêtes.

Lancé·e·s sur cette nouvelle affaire, vous ne pouviez pas vous passer de lui. Vous êtes alors parti·e·s vous emmitoufler dans le bâtiment imposant de la police cantonale. D’un pas aussi furtif qu’assuré vous avez réussi à vous frayer un chemin dans le dédale improbable de couloirs et de bureaux des affaire régaliennes.

Vous arrivez enfin dans le bureau du jeune inspecteur Châtaigne. Enfin, plus si jeune que ça. Quand il est arrivé de Lyon, il était encore un gringalet. Aujourd’hui, il dirige l’unité de police spéciale du canton, en charge des affaires criminelles compliquées. Grand banditisme, contrebande, contrefaçon et corruption.

« Je vous attendais. » Vous lâche-t-il, le regard perçant. « Je pensais bien que Sherlock allait s’intéresser à l’affaire. Vous connaissez donc les conclusions de Rousset. Pas besoin de vous les rappeler. Je n’ai pas grand-chose à rajouter. Étrange affaire que celle-ci. Une tentative ratée de cambriolage au Musée de Carouge. Un mort retrouvé dans une ruelle quelques heures plus tard. Un tatouage étrange sur la main de la victime. Nous sommes sur l’affaire. Mais ça serait insulter votre intelligence de dire qu’elle est facile. Vous l’avez compris, tout est trouble, troublé et troublant. Il va nous falloir plusieurs semaines, plusieurs mois pour comprendre ce qui s’est véritablement passé. Et les conclusions de Rousset ne nous ont pas aidés.

Bref. Je suis soulagé d’apprendre que Sherlock a pris cette affaire à bras le corps. Et qu’il a requis votre assistance.

Si vous voulez vous rendre dans l’appartement de la victime, son adresse est le 17, rue du Collège, à Carouge. L’appartement n’est pas surveillé. Mes hommes l’ont déjà fouillé, mais nous n’avons rien trouvé. Mais peut-être que votre perspicacité et sagacité réussiront là où ma brigade a échoué. Ce n’est pas impossible. J’ai certes trié mes hommes sur le volet, mais depuis le temps que vous travaillez avec Sherlock à Genève, depuis juin 1892 selon mes sources, et l’Affaire de la Compagnie de Sable que vous avez brillamment résolue, votre esprit est plus qu’affûté.

D’ailleurs, pour être honnête avec vous, je vous engagerais bien dans ma brigade. Il faudrait qu’on en parle un jour. Revenez-me voir quand vous avez le temps, on en discutera. J’en toucherai un mot à Pierre Maudit, le Conseiller d’Etat en charge de la Sécurité. Il a été réélu début-mai, et il vient tout juste de prendre la présidence du Conseil d’Etat. Il a par ailleurs conservé le département de la police, malgré cette étonnante affaire de voyage en calèche à Paris payé par le maire de Paris lui-même.

Maintenant que tout ce remue-ménage dans le Landerneau genevois s’est apaisé, je vais lui soumettre ma proposition. Je pense qu’il serait d’accord d’incorporer des francs-tireurs comme vous pour compléter notre unité spéciale.

Sinon, avez-vous une autre question pressante à lui poser sur une autre affaire? Cliquez ici avec le mot de passe correspondant.

Et encore une toute dernière chose. Si jamais, voici ma carte de visite. Vous n’aurez qu’à la montrer si on vous empêche d’accéder à un lieu. Vous n’aurez qu’à dire que vous travaillez pour moi. Indiquez juste le numéro de matricule, ça suffira.

Il vous remet sa carte. Vous la prenez et quittez le commissariat.