La concierge vous ouvre. Une femme mi-âgée, mi-jeune. Impossible de vous prononcer. Des mèches de cheveux grisonnants et poussiéreux jalonnent un visage doux et lisse.

A l’accent aux saveurs méditerranéennes, elle vous lance:

« Bongiorno. Que puis-je faire pour vous? »

« Bonjour Madame. Vous êtes la concierge du bâtiment, n’est-ce pas? Vous connaissez Sherlock Holmes? Le fameux détective britannique? Pour fuir un dangereux ennemi, il a quitté son pays pour venir se réfugier chez nous à Genève. Depuis, nous lui prêtons main forte quand il se lance sur une affaire épineuse. C’est le cas aujourd’hui. Avec l’affaire de Giuseppe Valesi. Vous pouvez nous aider? »

Tel un ciel d’été au crépuscule, son visage s’illumine de mille étoiles pétillantes.

« Ha ma si, signor Holmes. Ma si, je le connais. Comme moi, comme Giuseppe, il a quitté son beau pays pour venir ici à Ginevra. On a vraiment de la chance d’être tous si bien accueillis ici. Même si c’est pas toujours facile de trouver un lavoro parce qu’on est des stranieri.

Vous savez, Giuseppe, comme moi, nous venons de Sicilia. Une belle île, mais tellement touchée par la poverta. Como se dice? La pauvreta. Pas de lavoro, de… travail, rien. Même à la campagna ou à Palermo. Niente! Alors nous on est parti, comme beaucoup d’autres italiani. Et vous savez, Carouge s’appelle la Citta Sarda. La Cité Sarde. Parce qu’il y a encore à peine un siècle, Carouge faisait partie du Regno di Sardegna. Oui, Carouge était italienne.

…De parler, va-t-elle un jour s’arrêter? Rien n’est moins sûr…

Et Carouge était surtout connue pour sa tolérance et accueil de toutes origines et confessions. Étrangers, protestants, juifs, francs-maçons, tout le monde était bienvenu à Carouge. C’est pour ça que la ville s’est rapidement industrialisée, grâce à tous ces échanges, ces savoirs-faire.

C’est pour ça que mon mari et moi et d’autres italiani sommes venus ici. La vie n’était pas facile chez nous. Ici, on a un lavoro, on est bien accueilli. Les Genevois sont vraiment accueillants, et surtout quand… »

Soudain, un chat jaillit de chez elle pour s’élancer dans le couloir. Elle s’interrompt. Enfin.

Tel un jaguar qui se jette sur sa proie, profitant de cet instant de répit et d’égarement, vous sautez sur l’occasion pour l’interroger pour votre enquête.

« Madame, pardon de vous interrompre, que pouvez-vous nous dire de votre compatriote Giuseppe? »

« Oh, ma, si. Un garçon molto simpatico! Tellement triste ce qui lui est arrivé mardi. J’ai pleuré. Je ne le voyais pas souvent, je crois qu’il travaillait pendant la notte. Il sortait tard, il revenait tôt. »

« Et le soir de son décès, avez-vous remarqué quelque chose de particulier? »

« Ma si, il est sorti de chez lui accompagné de son amico. Un autre italiano. Ma moins simpatico que Giuseppe. »

« Vous voulez dire qu’il n’était pas tout seul? Que pouvez-nous raconter sur son ami? Tout ce que vous pourrez nous apprendre sur lui pourra vraiment faire avancer l’affaire. »

« Les deux se voyaient souvent. Son amico le retrouvait parfois devant la maison, parfois il montait avec lui dans son appartemento. Je ne sais pas ce qu’ils faisaient. Mais ils avaient l’air de bien s’apprécier. Ils riaient ensemble. Un matin tôt, quand je cherchais Rudolfo, mon gatto, je les ai vus les deux dans les escaliers… »

Elle s’interrompt. Gênée.

« Et que pouvez-vous nous dire d’autre sur cet ami? »

« Je n’ai jamais su son conome, il ne s’est jamais présenté. Mais il était vraiment moins simpatico que Giuseppe. Il est grand. Longs cheveux noirs. Fort. Une mascella taillée dans le roc. Mascella. Attendez. La mâchore. Petit nez, mais large. Petits yeux, aussi, enfoncés. Petite barbe. Un visage allongé. Lèvres fines. Et une boucle d’oreille à l’oreille droite. Ou gauche. Je ne sais plus. Un beau gosse.

Depuis qu’il est arrivé ce terrible accident à Giuseppe mardi nuit, je l’ai lu dans la Gazette de Ginevra ce giovedi, je n’ai plus du tout vu cet ami. Il a aussi disparu.

Vous pouvez monter dans l’appartement de Giuseppe, il y a la police, pour l’enquête. C’est tout en-haut. En tout cas, je prie Dieu que vous trouviez l’assassin de Giuseppe. Il me manque terriblement. Toujours un mot gentil. C’est orribile ce qui lui est arrivé. »

Vous en savez assez.

Et maintenant?

Vous montez voir l’appartement de la victime. Cliquez ici.

Ou

Vous décidez de repartir pour continuer votre enquête

Ou

Tenter de dessiner le visage de l’ami de la victime grâce aux indications de la concierge. Cliquez ici.