Vous avez eu du mal à trouver l’échoppe de Kali, cet atelier de tatouage. Il faut dire qu’au jour d’aujourd’hui, le tatouage n’est pas du tout répandu. Seuls les marins, les prisonniers ou les criminels en affichent.

Mais qui serait suffisamment fou pour s’arracher les premières couches de la peau pour y injecter de l’encre? Une « mode » appelée à disparaître. Il y a vraiment peu de chance qu’à l’avenir, cette pratique se démocratise et généralise. C’est en tout cas ce que vous vous dites quand vous entrez dans la boutique de Kali, vide, infectée de fortes effluves ébouriffantes d’encre, de transpiration et de… sang.

Une femme, fatale, filiforme, fantasque et fantastique, s’approche de votre équipe. Une nymphe.

« Bonjour. Je suis Kali. »

Et. Plus. Rien. Elle se tait.

« Euh, bonjour madame. »

Silence. Vous rajoutez:

« Nous aimerions bien… Nous désirerions… En fait, nous… »

Silence.

Son regard vous assaille. Elle reste silencieuse, stoïque, sadique.

Vous prenez votre courage à deux mains et vous vous élancez, téméraires.

« Kali. Nous enquêtons sur un tatouage. Est-ce que vous faites des vagues? Enfin, est-ce que vous en dessinez? Vous souvenez-vous d’une vague que vous auriez pu faire sur la main gauche d’un homme? »

Silence. Lourd. Pesant. Profond. Interminable.

« Non. »

Une envie subite vous envahit. Celle de vous enfuir de cet enfer. Vous résistez.

« Réfléchissez bien. Une vague. Noire. Sur une main. Gauche. » Vous avez pris le pli et commencez à parler comme elle. Elle vous contamine.

« Non. »

« Et que signifie une vague tatouée? Sa symbolique? »

Silence.

Deux mois plus tard, fin-juillet 1898, elle vous répond, enfin.

« La vague est la force naturelle la plus forte et la plus puissante sur terre. Désastre pour certains marins, sauveur pour d’autres. Un tatouage en forme de vague symbolise le fait de chevaucher ces vagues et d’en tirer le meilleur parti. »

Autant de mots dans une phrase? Vous n’en revenez pas.

« C’est tout? »

Silence.

Trois mois plus tard, fin-octobre 1898, elle vous répond, enfin.

« Non. C’est également le symbole d’appartenance d’une confrérie secrète sicilienne. Ses membres le portent tous. A la main. Au visage. Sur la poitrine. Sur le pubis. Ou dans le dos. A choix. »

Vous sentez bien que vous n’en tirerez rien de plus. Vous sortez pour poursuivre votre enquête.

A moins que… vous ayez justement sur vous un croquis du tatouage? Cliquez ici avec le code correspondant pour le lui montrer.

 

Sinon, sortez.