Vous arrivez devant le Cercle des Amis Italiens. L’adresse que Rifraf vous a donnée. En vous ayant au préalable laissé un avertissement. Il vous faut autre chose pour vous décourager.

Un homme de la taille du Mont-Blanc, au moins, monte la garde devant l’entrée. Prenant votre courage à deux ou trois mains, vous vous avancez, vous le toisez, prenez votre air le plus sérieux, le plus intimidant et passez à côté de lui pour vous enfournez dans le Cercle italien. Et là, l’impossible se produit. Il vous laisse passer.

A l’intérieur, volutes de fumée, regards en biais, chuchotements en italien et mines patibulaires. Un décorum qui correspond exactement à ce que vous vous attendiez.

Un bar, des tables, des chaises. Un restaurant tout ce qu’il y a de plus simple, mais peuplé de crapules et de malfrats. Le repaire de la pègre.

Vous vous approchez du comptoir. Vous commandez un verre. Le barman et sa serveuse vous voient. Le barman, trapu, impressionnant, s’approche de vous et vous lance, glacial:

« Nous sommes fermés aujourd’hui. Revenez une autre fois. Au revoir ».

Fermés? Pardon? C’est une plaisanterie? Et toutes ces personnes, dans la pièce, que font-elles? Le ménage?

« Nous ne partirons pas d’ici avant d’avoir obtenu des informations sur deux de vos clients et compatriotes. Un certain Giuseppe Valesi et Valerio Gambino. Parlez, maintenant, nous n’avons pas que ça à faire. »

Jouer le tout pour le tout, une tactique qui fonctionne.

Parfois.

Mais pas aujourd’hui.

Le serveur fait abstraction de votre intimidation et vous le prouve en exhibant un rutilant fusil de chasse de gros calibre qu’il vient de saisir du dessous du comptoir. Gros calibre qu’il pose bien en évidence sur le lambris de bois en s’assurant de faire le plus de bruit possible pour souligner son intention.

« J’ai dit. Nous sommes fermés. Dégagez. Subito! »

Vu l’accueil et la faune locale, vous préférez éviter de créer un esclandre. Vous quittez le Cercle des « Amis » Italiens.

Vous sortez. Pas le choix. Cliquez ici.