Sherlock Holmes

Les Brumes d’Acier

Fin mai 1898, Genève.

Et vous refermez la porte derrière vous, troublé·e·s par votre rencontre avec Irène.

Déterminé·e·s, vous êtes prêt·e·s à vous lancer dans l’aventure et à relever ce nouveau défi.

Avec ce qu’Irène vous a expliqué, une enquête compliquée, subtile, complexe et insolite vous attend. Peut-être la plus difficile que vous ayez eu à résoudre avec le fameux détective britannique. Qui était d’ailleurs aujourd’hui absent.

Et maintenant ? Où aller ? Qui interroger ? Les premiers pas de chaque enquête sont toujours les plus coriaces et cruels. Si seulement Sherlock avait été là, il aurait pu vous conseiller. Mais pourquoi est-il parti de toute urgence à Bâle ? Ni Irène, ni Watson n’ont pu vous l’expliquer.

Vous refermez la porte, donc. Un pas après l’autre.

En vous élançant sur les pavés, vous vous repassez le fil des événements. D’abord, la lettre reçue par Sherlock ce jeudi. Une lettre concise, obscure. Sherlock devait déjà être sur le départ. Puis, votre rencontre du jour avec le docteur John Watson et cette femme, céleste et mystérieuse. Sans l’avoir vue, il vous semble pourtant l’avoir entendue en septembre dernier dans les appartements de Sherlock lors de votre précédente enquête sur cette sinistre histoire de cambriolage de banque aux Acacias.

Après la lettre de jeudi, l’estomac noué, quand Watson est apparu à la porte pour vous faire entrer, vous espériez voir le détective. Vous ne vous attendiez pas à la rencontrer. elle. Irène Adler. La fameuse aventurière.

Lovée dans le fauteuil légendaire de Sherlock, les traits fins et sublimes, le regard perçant et malicieux, le sourire corrosif et carnassier, tel un jaguar elle a alors aussitôt bondi pour vous saluer.

« J’ai tellement entendu parler de vous par John et Sherlock. Grâce à vous, les deux compères ont pu résoudre de nombreuses affaires ici à Genève. Je me réjouissais de faire votre connaissance. Mais entrez. N’ayez crainte, je ne mords pas. » Sa silhouette féline vous le fait douter.

« Je suis arrivée dans votre belle ville suisse il y a quelques temps déjà. J’ai pu me balader et en apprécier ses charmes. J’ai aussi pu remarquer que le crime y était aussi bien implanté. C’est pour ça que Sherlock vous a envoyé cette lettre. Il vous prie de l’assister sur cette nouvelle affaire plutôt… intrigante.

Jugez plutôt. Un homme a été retrouvé poignardé la nuit de mardi à mercredi dans une ruelle de Carouge. Il serait lié à une tentative avortée de cambriolage au Musée de Carouge. Jusque-là, rien de particulier me direz-vous. Certainement un règlement de comptes entre malfrats.

C’est ensuite que cela devient surprenant et passionnant. Selon les analyses du criminologue, une empreinte aurait été retrouvée sur le corps de la victime. Et cette empreinte appartient à quelqu’un d’autre. Mort il y a une année. Et, selon Watson, tenez-vous bien, une connaissance à vous. D’où la demande pressante de Sherlock de vous lancer sur l’affaire.

Quant à Sherlock, il a dû s’absenter dans les plus brefs délais pour se rendre à Bâle, une autre ville suisse. Pour y faire quoi ? Vous connaissez ce vieux renard mieux que personne. Sherlock a toujours un goût subtil pour le secret. On n’en saura sans doute jamais rien.

Avant que vous ne partiez, n’oubliez pas. Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne cherchez que le visible, vous n’êtes qu’un policier. On pense, à tort, que le meurtre, c’est simple, c’est faire entrer un morceau de fer dans un morceau de chair. Mais vous savez, en réalité, dans le crime, il y a beaucoup de passé et un peu de futur. Le présent ne fait que passer.”

Puis Watson vous a servi un petit remontant, vous avez quitté les appartements, et les idées encore embrumées vous vous êtes retrouvé·e·s dehors.

Et maintenant ? Où aller ? Qui interroger ? Les premiers pas de chaque enquête sont toujours les plus coriaces et cruels.